Chevaux célestes de Ferghana

 

Histoire de l’apparition des « argamaks (chevaux d’Orient) célestes » 

D’après un poète arabe « L’Occident étant encore caché  sous la glace, L’Orient composait déjà la musique ». C’est en Orient que l’homme a créé les premiers types spécialisés de chevaux. C’est aux papyrus démotiques et sur les bas-reliefs assyriens que nous voyons déjà des chevaux sveltes et à pas léger. Ils ne paraissent aucunement n’ayant pas de race, ni ordinaires. Les techniques de l’éducation et de la préparation d’un cheval de combat ont atteint le niveau très élevé chez les Hittites, les Assyriens et les Egyptiens.

Mais, à l’aube de leur développement, ces grandes civilisations antiques n’avaient pas de chevaux. Le cheval y est apparu au IIe millénaire avant J. C. Il  était venu de l’Orient. L’analyse de toutes les données historiques prouve que c’est l’Asie Centrale qu’il faut considérer le centre le plus ancien de l’élevage de chevaux. Les Perses y habitant possédaient un nombre immense de chevaux. Le cheval jouait un rôle très important dans la vie de ces peuples : c’était un animal de culte, et les chevaux blancs étaient sacrifiés au Dieu Soleil. C’étaient ces peuples qui se trouvaient à l’origine de l’élevage de chevaux qui s’est répandu plus tard au Proche Orient et au Levant. C’est de l’Asie Centrale que le cheval  pénétrait au Proche Orient et au Levant. Il est à noter que c’était déjà un cheval de combat, épuré par la sélection séculaire, et destiné aux chars.

Aux VII - VI siècles avant J. C. la Perse antique est devenue une grande puissance, rivalisant avec la Grèce et  Rome. C’est depuis ces temps-là que les historiens et poètes antiques commencent à parler des chevaux d’Asie Centrale (chevaux de Nyssea) comme des meilleurs au monde dépassant tous les autres par leur stature, leur force, leur impétuosité et leur beauté. Hérodote mentionnait dans un de ses ouvrages : « En Media il y a une grande vallée, portant le nom de Nyssea, où il y a des chevaux majestueux ». Il se peut fort bien que le nom de Nyssea soit lié à la capitale antique de Parthie - Nyassa, les vestiges de laquelle se trouvent auprès d’Achkhabad. Dans les descriptions des campagnes d’Alexandre de Macédoine on peut trouver une information sur les chevaux de Nyssea : « … parmi tous les  chevaux du monde il n’y aucun qui ressemblât à ceux de Nyssea ; ils sont ardents, rapides, très résistants, de pelage blanc, irisé,  ayant aussi la couleur du crépuscule du matin ».

A mesure que les régions agricoles de la Margiane, la Sogde, la Bactriane se développaient et devenaient riches, l’élevage cultivé de chevaux se développait et se propageait en Orient. Dans les annales de Chine  il y a une information sur les chevaux merveilleux de Fergana. Là, aux environs de Kokand contemporain, se trouvait, au début de notre ère, un Etat, que les Chinois appelaient Davagne. Là vivait un peuple (de  racine iranienne) qui s’occupait de l’agriculture et était « habile en tir à cheval ». Ce peuple possédait une race de chevaux peu nombreux mais d’une valeur exceptionnelle, à propos desquels les Chinois disaient : « La suer sanglante perle sur leurs corps, ils proviennent des chevaux célestes ». Afin de se procurer des  « argamaks célestes» l’empereur de Chine  a effectué deux expéditions de guerre à Davagne. Les archéologues soviétiques ont découvert les images de ces chevaux ressemblant étonnement aux akhal-tékés contemporains, sur les rochers, au sud-est de la vallée de Fergana.

De célèbres chevaux de Nyssea faisaient partie des  cortèges des rois de Perse, de Parthie, de Bactriane, pendant les concours les cavaliers  Sacae triomphaient des guerriers inégalés de Perse. Les coursiers de l’Asie Centrale pénétraient à l’est - sous la celle des chefs des tribus d’Altaï (Pazryk) et de Touva. On a trouvé leurs images frappées sur l’Ienisseï et à Fergana. La Bactriane « aux chevaux d’or » élevait « des chevaux superbes de la race excellente. Parmi tous les  chevaux du monde il n’y aucun qui ressemblât à ceux de Nyssea ; ils sont ardents, rapides, très résistants, de pelage blanc, irisé,  ayant aussi la couleur du crépuscule du matin », - écrivaient des auteurs anciens.

 


Le nom de la race akhal-téké est dû à l’oasis Akhal et à la tribu turkmène téké. Cette dernière s’occupait de l’élevage de ces chevaux depuis des temps immémoriaux. Même au XX siècle les chevaux de téké provenant d’ Akhal portaient le nom d akhal-téké. Les Tékés gardaient leurs chevaux (un ou deux) dans la cour ou auprès de la yourte. Le poulain faisait partie de la famille, entouré de soins et d’amour. C’est pourquoi les akhal-téké sont si dévoués à leurs maîtres et éveillés à l’égard des étrangers. C’est pourquoi ils réagissent avec finesse au changement fréquent du cavalier. Le Turkmène élevait non seulement un cheval-aide mais un cheval-ami, sur lequel on peut compter pendant une bataille, une course effrénée, une longue traversée des sables. Bref,  la vie du guerrier dépendait souvent de son cheval. Le voyageur Vomberry écrivait sur les chevaux turkmènes : « Ces beaux animaux valent les soins dépensés… En effet, ce sont des êtres merveilleux, estimés par les enfants du désert plus hautement que leur femme, leurs enfants et même leur vie ».

 

L’extérieur du cheval akhal-téké est tellement exotique qu’il semble être complètement en contradiction avec une notion courante quelle apparence doit  avoir le cheval. En même temps celui-là frappe par sa beauté singulière, divine. En effet, ces formes fines, nobles étaient façonnées au cours des millénaires. Sa généalogie monte aux temps les plus reculés des oasis de l’ Asie Centrale, à la grandeur ancienne de Nyssea et de Merv, aux chevaux « célestes » de Fergana. Tombés sont  dans l'oubli les rois et les héros légendaires. Le temps impitoyable a transformé en ruines des forteresses redoutables et des villes riches, mais il n’a pas su détruire le vivant monument étonnant du passé glorieux - coursier akhal-téké.

 

 

Sources utilisées :


1. Елена Волкова, "Ахалтекинцы", журнал "Конный мир", №1, 2000 г., http://www.horseworld.ru/?article=16

2. Бичурин Н.Я. (Иакинф), "Собрание сведений о народах, обитавших в Средней Азии в древние времена", том II, М., Л., 1950 г., с. 149

3. Хабиб Абдуллаев, "Небесные кони древней Ферганы", информационное агентство Фергана.Ру, http://www.ferghana.ru/ancient/ershi.html

4. Вера Ковалевская, "Быстроаллюрные кони древности - Ахалтекинцы", Ахалтеке-Информ 2003, официальный сайт селекционно-племенного центра Международной Ассоциации Ахалтекинского Коннозаводства, http://www.maak.ru/inform.php3?id=105 

 

 

5. Г.М. Мухатова, "Золото Ниссы", журнал "Кони Петербурга", №2 (11), 2001 г., http://www.maak.ru/inform.php3?id=77

6. "Конный спорт в Казахстане", http://horsesport.info/articles.php?lng=ru&pg=328, 13/11/2005

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